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Jean-Marc Didier



Quand la passion du vin inspire une carrière internationale…

« Etudiant, j’étais intéressé par l’économie et l’environnement international, mais aussi par les langues », raconte Jean-Marc Didier, directeur commercial des clients institutionnels et des entreprises chez Fidelity Worldwide Investment à Paris. Dans le cadre de son cursus à l’ESIAE (Ecole Supérieure Internationale d’Administration des Entreprises), il part faire sa troisième année d’étude à Canterbury, en Angleterre. Jean-Marc complète sa formation via un diplôme de langue espagnole de la Chambre de commerce franco-espagnole de Madrid.
Il souhaite alors commencer à travailler mais il est « rattrapé » par ses engagements militaires. Il choisit alors de se porter volontaire au service national en entreprise (VSNE), et saisit ainsi une nouvelle occasion de voyager. « Je suis retourné en Grande-Bretagne, à Londres cette fois, et j’ai travaillé dans le secteur de l’industrie », explique Jean-Marc Didier. Il entre, en effet, en 1991 chez Precia Molen, leader français du pesage industriel. A l’époque, l’entreprise avait été sélectionnée pour apporter son expertise dans le cadre de la construction du tunnel sous la Manche. Jean-Marc participe au suivi de l’homologation des produits en Grande-Bretagne et fait le lien entre le département R&D en France et les autorités anglaises. Ayant pu négocier une voiture de fonction, il en profite pour voyager le week-end, découvrir le pays et visiter des villes comme Birmingham ou encore Cambridge. « Ce fut une expérience très intéressante d’un point de vue culturel et professionnel, se souvient Jean-Marc. J’ai pu intégrer la dimension opérationnelle d’une entreprise. » De retour en France un an plus tard, il choisit de débuter réellement sa carrière en devenant acheteur dans la grande distribution. « Ce secteur d’activité suscitait chez moi un mélange de méfiance et de fascination, avoue-t-il. Ce qui m’attirait, c’était la possibilité de mieux appréhender la relation client-fournisseur. » Il rejoint ainsi Leclerc comme acheteur, en commençant par le « 5ème rayon » avant de se tourner vers le département alimentaire : « Il s’agit d’un secteur riche car il permet d’avoir accès à différents produits. Je devais également gérer les relations parfois tendues avec les fournisseurs ». Il se souvient de certains épisodes cocasses, notamment d’un incident de référencement avec Danone qui a failli mal se terminer ! L’affaire a finalement pu se régler grâce à une discussion au plus haut niveau, c’est-à-dire directement entre Michel-Edouard Leclerc et Antoine Riboud. « Ce fut aussi ma première expérience d’encadrement, puisque je dirigeais une équipe d’une dizaine de personnes », poursuit Jean-Marc. Cette expérience le fait donc entrer dans le « vrai monde », mais elle nécessite au quotidien d’enchaîner de très longues et de très intenses journées de travail. On lui propose alors d’évoluer au sein de l’entreprise en participant au développement de l’activité à l’étranger. Cette perspective ne l’enchante guère car elle implique un engagement quasi monacal. Or, au même moment, un concours de circonstances l’amène à entrevoir une opportunité plus alléchante qu’il n’hésite pas à saisir. Un de ses cousins qui travaille à l’époque comme informaticien à la Banque Internationale de Placement (BIP), lui fait part d’une annonce pour une offre d’emploi comme commercial institutionnel junior au sein de BIP Gestion. Jean-Marc se présente et est finalement recruté par Benoît du Mesnil du Buisson, directeur commercial de la société de gestion, et par Pascal Voisin, le PDG. Il rejoint ainsi, en 1994, l’équipe de commerciaux au sein de laquelle vient également d’être embauché Christophe Gloser qu’il recroisera par la suite... Jean-Marc doit s’acclimater plus rapidement que prévu car l’organisation de BIP Gestion est bouleversée par deux démissions. Et, trois ans plus tard, la société est rebaptisée Dresdner RCM Gestion, suite à la mise en place d’une seule et même marque mondiale par la banque allemande.

Globe-trotter du vin

Parallèlement, ce qui était depuis son adolescence un centre d’intérêt, est devenu une véritable passion. Jean-Marc prend la décision, à la fin des années 90, de changer de cap pour travailler dans le domaine du vin. Avant cela, il cherche à structurer et approfondir ses connaissances dans ce domaine : « J’avais déjà suivi des cours d’œnologie mais je ne disposais pas de connaissances suffisantes pour en faire mon métier. J’ai donc demandé à mes patrons de l’époque de pouvoir suivre une formation professionnelle, et d’adapter mon temps
de travail ». Son projet est validé.
Quelques mois plus tard, il partage
son temps entre son activité chez
Dresdner RCM Gestion à Paris et le cursus
du Master spécialisé en Commerce International
des Vins et Spiritueux à Dijon. Une fois son diplôme
en poche, il est approché par un chasseur de tête. Ce dernier
lui propose de travailler dans le domaine de la tonnellerie : « J’ai été recruté par World Cooperage, le leader mondial de la tonnellerie. Ce groupe familial américain avait déjà une force de vente en France mais il souhaitait construire une tonnellerie à Bordeaux pour développer le marché haut de gamme. Pour cela, il recherchait un directeur commercial capable non seulement de commercialiser les barriques de chêne américaines exportées en Europe, mais aussi développer, dans le monde entier, la vente de barriques haut de gamme fabriquées à Bordeaux ». Son recrutement avec le PDG du groupe et le responsable des ventes mondiales, lui a laissé un souvenir impérissable : «Nous avons fait, pendant trois jours, le tour de nos clients négociants de la côte Ouest des Etats-Unis à bord de l’avion du PDG. Nous avons ainsi rendu visite à un certain nombre d’entre eux implantés entre Los Angeles et Seattle... Ce fut une belle expérience ! ». A son retour en France, il quitte Dijon pour prendre la di- rection de la région bordelaise où il s’installe pour accompagner le lancement de l’activité Tonnellerie Quintessence. Jean-Marc a pour mission d’implanter la marque en Europe, aux Etats-Unis, au Chili, en Argentine, en Afrique du Sud et en Australie : « J’ai été amené à recruter une équipe de commerciaux multiculturelle et multilinguistique. Et j’ai ainsi acquis une vision planétaire du vin ». Ce tour du monde passion- nant s’est fait au prix de très nombreux déplacements dans l’hémisphère Sud. Pendant cette période, il a dû mettre entre parenthèses sa vie privée. « Au bout de trois ans et demi, j’ai eu envie de me poser, nous confie-t-il. J’étais toujours passionné par le vin mais j’ai réalisé que je pouvais vivre ma passion, sans en vivre ». Jean-Marc décide alors de quitter le monde de la tonnellerie pour retrouver celui de la gestion d’actifs. De retour à Paris, il est embauché par AGF AM, fin 2004, pour prendre le poste de responsable commercial des clients entreprises. « AGF AM, devenue par la suite Allianz Global Investors France, m’a associé au développement de son offre PERCO à destination des grands groupes, indique Jean-Marc. J’ai découvert un univers très intéressant, celui de l’épargne retraite ». Début 2006, il est nommé responsable de l’équipe commerciale en charge de la clientèle institutionnelle. Mais l’année suivante, juste avant la crise des subprimes, il est approché par un chasseur de tête qui travaille pour Pictet & Cie. En juin 2007, il devient directeur commercial sur le segment « institutionnels et entreprises » de Pictet Asset Management à Paris.

Du Chili à la région des Corbières

Trois ans plus tard, sa carrière prend un nouvel élan quand Christophe Gloser avec lequel il a travaillé dès 1994 chez Dresdner RCM Gestion France et qui est devenu de- puis directeur commercial France de Fidelity Worldwide Investment, lui propose un poste de directeur commercial en charge de la clientèle institutionnelle. Jean-Marc rejoint ainsi Fidelity le
15 novembre 2010.
Parallèlement, il n’a jamais délaissé sa passion
pour le vin. Celle-ci a pris
simplement une autre
forme. En effet, la même
année, il décide, avec
une dizaine d’anciens
camarades de l’école de
Dijon, devenus depuis
des amis, d’acheter
un vignoble situé dans
les Corbières. Ils font
ainsi l’acquisition du
domaine « Les Cascades » qui exploite quatre cépages : la syrah, le
grenache, le carignan et le mourvèdre. « Nous avons la volonté d’améliorer une appellation tout en bénéficiant d’un terroir intéressant à exploiter », précise-t-il. En plus des six hectares de vignes, ils possèdent aussi un hectare d’oliviers et un hectare de chênes truffiers. « C’est pour un investissement de long terme ! », assure Jean-Marc. Le premier millésime sort en 2010 et, dans le même temps, sa curiosité l’amène à découvrir de nouveaux vins.
Côté blanc, il a un faible pour les grands vins de Bourgogne blancs, avec un sou- venir exceptionnel d’une « verticale » chez Jacques Carillon.
Côté rouge, ses papilles gardent en mémoire un très bon Barolo Monfortino 2001, produit par Giacomo Conterno dans le Piémont, en Italie : « Je me souviens notamment d’un déjeuner fabuleux avec des clients italiens organisé à Alba, quand je travaillais dans la tonnellerie, raconte-t-il. Le menu comprenait une déclinaison de plats parfumés à la célèbre truffe blanche et accompagnés de succulents vins ». Il se souvient également de très belles découvertes faites en Nouvelle-Zélande, mais aussi au Chili avec les vins de la vallée de Colchagua: « Ce nectar est fabriqué notamment à partir du carménère, cépage rouge autochtone ». En Argentine, il est tombé amoureux des vins de la région de Mendoza, élaborés à partir de mal- bec, ce cépage emblématique de l’Argentine, cousin sud-américain du dénommé « Petit Verdot », présent dans le médoc à Bordeaux ». Bref, avant d’entamer une discussion avec Jean-Marc, que ce soit sur le vin ou sur les marchés financiers, mieux vaut réviser vos fiches !